Le radis rouge

Les goûts et les couleurs ne se ressemblent pas… Et pourtant, parfois, un goût appelle une couleur et vice et versa. Nous avons fait appel à Didier Michel, chromaticien plasticien, qui se propose de passer au crible de son odorat et de son goût un produit de gastronomie. Ce spécialiste de l’harmonie des couleurs est ainsi capable de dresser une carte chromatique pour donner à voir, ressentir et comprendre l’univers de l’aromatique et du goût. La couleur du goût. 

Texte : Didier Michel et Jérôme Berger
Photo : Philippe Vaurès Santamaria

LA CARTE CHROMATIQUE DU RADIS ROUGE

AU NEZ  : En 1er nez, des notes de terre calcaire sableuse, rafraîchissantes, légèrement piquantes et humides, évoquant le parfum d’une cave aérée.

En 2e nez, des odeurs de sève de tige tendre, très chlorophylle douce, surmontées d’une note végétale de feuille attendrie, plus sourde, proche de celle du chou, avec une pointe vanillée.

En 3e nez, des tonalités minérales mouillées. Celles de la brume d’un torrent essuyant les pierres. Elles revigorent les notes de terre premières en les faisant évoluer vers de l’argile détrempée.

EN BOUCHE : 

La matière très poivrée est ferme, craquante, croquante, résistante à la mâche, mais tendre à la fois en mordant dedans. Puis, tout en envahissant le palais, celle-ci est adoucie par une légère amertume au goût de navet blanc, absorbant et calmant le piquant.

EN SYNTHESE : Une sensation de début de printemps rappelant l’humidité froide et terreuse de l’hiver, mais avec une approche végétale discrète, tonifiante et vitaminée montant à l’épice.